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Je
dirai dabord que cest pour moi une vraie joie
dêtre ici, ce soir, avec Marie de Hennezel.
Quand jai lu son livre, je dois dire que je my suis plongée.
Je lai savouré. Il y a énormément de livres
publiés qui ont certainement une belle valeur, mais jai trouvé
dans « la mort intime » sincèrement ce que
je navais pas trouvé ailleurs.
Vous savez que la mort, cétait un sujet
plus ou moins tabou depuis plusieurs années. Lhomme nest
pas fait pour mourir. Lhomme est fait pour vivre, lhomme est
fait pour marcher. Pour chanter. Donc larrêt de sa marche,
larrêt de son chant de vivre, cest tellement douloureux
quà notre époque, où évidemment on préfère
le plaisir à tout ce qui est austère, lidée
quun jour tout finira fait frémir, fait frémir. Et
voilà que Marie, tout simplement, nous offre un livre où
la mort ne devient plus cet objet dhorreur. Elle nous explique avec
le cur vous vous souvenez Saint Exupery « on ne
comprend quavec le cur » - elle nous explique que
la mort nest pas redoutable comme nous le pensons.
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Elle
ne lest pas dans
la mesure où celui qui sent quil va partir
et moi jai 90 ans sonnés, je ne suis pas jeune comme
vous, je sais très bien que le moment nest plus tellement
loin mais en lisant Marie, jai été
encore plus persuadée que la mort, quand elle est entourée
de personnes quon aime et qui vous aiment, quon a
connues avec son cur et qui sont près de vous avec
leur coeur, ce passage nest plus cette chose redoutable,
horrible, dont on voudrait même oublier quelle viendra
un jour. Non ! cest un départ, et pour moi cest
une arrivée. Cest un départ qui ne sépare
pas, car Marie le dit, quand on aime, lamour
est plus fort que la mort. Et nous devons en être
persuadés, chacun dentre nous, et savoir que lorsque
nous partirons, notre coeur restera attaché. Le coeur,
dans le sens pascalien du mot, naturellement, non pas le coeur
physique, mais ce qui en nous est le plus beau, le plus grand,
jallais dire déternel.
Je
voudrais dabord dire à Marie, que ce qui ma
beaucoup plu en elle, cest dabord sa source. Voyez-vous
quand un être humain a une vie de valeur, vous pouvez être
sûr que la source a de la valeur. Alors Marie appartient
à une belle famille nombreuse où elle a trouvé
entre des frères et des surs ce climat damour.
Un père colonel qui avait ces notions dhonneur, de
vie droite et pleine. Et cest tout ce trésor que
Marie a trouvé dans sa famille, quelle a laissé
sépanouir en elle. Elle est devenue psychologue,
psychanalyste jungienne, et elle ma dit combien Jung lavait
aidée à développer ce quelle avait
de plus profond en elle. Pendant vingt ans, - cest une étape
de vie ! - Marie sest penchée sur la souffrance
humaine.
Nous pourrions nous arrêter une seconde :
quelle femme ! pour pouvoir pendant vingt ans, vingt ans !
ne pas avoir peur découter, regarder, se pencher
sur lhomme, la femme, lenfant qui souffre pour lui
donner le meilleur de soi-même. Cest fantastique,
cest fabuleux, ça vaut la peine de vivre quand on
sait regarder, écouter, se pencher sur lhomme, la
femme, lenfant dans sa douleur. |

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Avec
Mathilde Poirson
Présidente
de l'association
Bernard Dutant
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Il
est très certain que si les soins palliatifs
sont passés au Parlement - nous avons une
nouvelle loi cest en partie, je ne dirai pas à
cent pour cent mais cest en partie grâce à
Marie et à ce livre qui, vous le savez, a été
traduit en 17 langues il ny a pas beaucoup de livres
qui sont traduits en 17 langues " la mort
intime " dont je viens de parler.
Mais ce que je voudrais dire cest que, non seulement Marie
a su sintéresser à ce passage redoutable,
mais elle a crée une association de sidéens pour
lesquels elle a organisé des voyages dans le désert
marocain jadorais le désert moi aussi,
jy ai puisé beaucoup, jy ai fait deux retraites
toute seule. Je peux vous dire que cette idée de Marie
demmener des hommes et des femmes en situations critique
en plein désert, en chameau, pour respirer, aspirer le
silence cest grand, vous savez le silence !
De
sorte que ce que jadmire chez Marie,
cest quelle a su inventer, faire sortir
la vie de ce qui paraît le plus redoutable parmi les maladies
dont malheureusement tant dhommes aujourdhui sont
atteints. Ce qui ma beaucoup frappé, cest une
certaine phrase qua dite sa grand mère avant
de partir : " ah la lumière, cétait
donc vrai ! " Vous vous rappelez le dernier mot
de Goethe " Ah la lumière, la lumière !
" et bien, voyez vous, mes chers amis, je crois que nous
sommes ici au coeur du problème. La mort intime, cest
ça : partir vers la lumière. Vous le savez,
nous ne sommes pas toujours dans la lumière, nous passons
tous par lombre, par la difficulté. A certains moments,
chacun dentre nous se croit abandonné, abandonné
de Dieu ou parfois des hommes, on est plus dans la lumière.
Et pourtant cest vers la lumière que nous voulons
aller, nous voulons être des détonateur, comme Marie,
détonateur de lumière, de joie, de vie, de chant.
Faire de sa vie un chant pour que chacun autour de nous soit entraîné
dans notre sillage de lumière et de chant. |
Je
vais terminer,
parce que, voyez vous, je crois que je dois terminer sur la lumière,
sur lamour. Je crois beaucoup à cette parole de Pascal que
Marie aime aussi beaucoup : " lhomme
dépasse lhomme ".
Ici nous savons que chacun dentre nous a des capacités, des
possibilités extraordinaires que nous devons sans cesse essayer,
dans le sillage de Marie, de développer en nous au maximum, pour
que la vie de chacun dentre nous soit un enrichissement perpétuel.
Senrichir au contact de l autre. Et Marie me disait combien
ces années passées avec ceux qui partaient étaient
pour elle cette source dont nous parlions, source de vie, vous entendez !
source de vie ! Ne croyons pas que la mort est la fin.
La mort est le commencement. Donc aider ceux que nous aimons à
partir, cest les lancer déjà du côté
de la vie, de la lumière , de léternité.
Et savoir que chacun dentre nous y sommes appelés. Nous ne
sommes pas appelés à mourir, nous sommes appelés
à vivre, à ressusciter par lamour et dans lamour.
Il me reste maintenant à conférer à Marie, à
lui offrir la légion dhonneur, qui représente, je
crois, que nous appartenons à une famille qui a pour idée
dabord lhonneur dêtre homme, lhonneur dêtre
femme, lhonneur daimer, lhonneur de donner de la vie
aux autres. Alors je vais conférer à Marie le titre de chevalier
de la légion dhonneur et je dis la formule que jai
devant moi : "
Au nom du président de la République, et en vertu
des pouvoirs qui me sont conférés, nous vous faisons chevalier
de la légion dhonneur. "
Soeur
Emmanuelle
la
réponse de Marie de Hennezel
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